Gonzo Conférence

Une conférence performative de Fanny de Chaillé
Pour et avec Christine Bombal

Durée 40 minutes

Gonzo Conférence a été créé en avril 2007 dans le festival We Want Rock’n’Roll, à Paris, à l’instigation de lelabo

Production Association Display Coproduction CCN de Montpellier Languedoc-Roussillon dans le cadre du programme Hors séries // Avec le soutien de la Ménagerie de Verre à Paris dans le cadre de Studiolab.


Fanny de Chaillé court-circuite l’exercice de cette conférence en se plaçant sous le patronage de Lester Bangs, symbole absolu de la liberté d’expression et de la contre-culture. Elle épouse en effet la cause de la critique du rock, celle qui a donné lieu aux engagements les plus passionnés.

« Je veux faire une conférence,
une conférence sur le rock,
une conférence subjective sur le rock,
une conférence subjective sur le rock pleine d’amour,
une conférence subjective sur le rock pleine d’amour et de sentiments,
et vous dire pourquoi j’ai décidé un jour de faire du théâtre et pas du rock,
vous dire pourquoi j’ai décidé un jour de faire du théâtre,
pourquoi je crois en la distance, celle du théâtre, celle du jeu. »

Extrait

« J’ai lu des textes sur le rock avant même d’avoir vu un concert de rock. Très tôt j’aimais ces textes, leur forme, leur style, parce que j’avais l’impression qu’ils étaient vrais ? C’est un peu bête de dire ça comme ça, mais les critiques rock parlaient une langue simple presque la mienne, une langue quotidienne, ils relataient quasiment tout le temps des rencontres avec des stars du rock, et la façon dont ils racontaient ces rencontres faisait que je les croyais. Je pensais que les personnes qu’ils décrivaient étaient vraiment comme ça. Je pensais que c’était la vérité car ils avaient l’air sincères. Ils racontaient des anecdotes insensées mais avec tellement d’amour et d’engagement, que je prenais ça pour de la sincérité… »


Présentation de Gonzo Conférence
à la Scène nationale d’Orléans par Gérard Mayen

Où niche la vérité ? Dans les années 70, le Gonzo journalisme naissait de la scène rock américaine. Faisant fi des règles de distanciation objective, le critique Lester Bangs engageait sa propre vie au plus près des modes de vie dont il rendait compte. Même si elle eut son propre groupe rock de jeunesse, Fanny de Chaillé estime que c’est en accédant à ce registre critique qu’elle a le mieux éprouvé une vérité du rock et de son temps. 

Passée aujourd’hui sur la scène chorégraphique et théâtrale, elle invente une forme hybride, qui dissocie la performance corporelle d’une part et le développement d’un discours d’autre part. C’est dans cet espace d’attention éclatée, que sont alors donnés à saisir les miroitements d’un phénomène qui, lui, fut avant tout musical. Comme s’il fallait engager ces flottements de soi au contact de flottements des formes, et de leurs traces, pour accéder au plus fort du sens et des sens.