Répète

Pierre Alferi versus Fanny de Chaillé

Pierre Alferi, écrivain, fait une scène à Fanny de Chaillé, chorégraphe. Les rôles sont a priori répartis. Seulement, comme ses premières amours à elle étaient la poésie sonore, elle va vouloir se mêler du texte. Et comme lui a horreur du théâtre, il est capable de lire et de prétendre la diriger.
D’un tel dialogue de sourds, le duo retient le squelette pragmatique d’une scène. S’ils se disent tout, c’est par périphrases, ou bien sous hypnose. Et quand la vérité, cernée, fera son coming out entre l’écrivain en tutu et la chorégraphe à lunettes, ça risque de bien mal tourner.


Extrait presse

[…] Assis face à face de chaque côté d’une table, Fanny de Chaillé et Pierre Alferi remettent donc le couvert en jouant le vieux couple dont la routine du quotidien est aussi celle du langage, les deux ensemble faisant le lit des scènes de ménage. Se connaître par cœur jusqu’à anticiper ce que l’autre va dire ou finir ses phrases donne lieu à une comédie conjugale réglée à la croche près qui souffle un méchant coup de froid sur la gonflette sentimentale.
Sur ce terrain, Fanny de Chaillé et Pierre Alferi se révèlent de parfaits duettistes, tirant un air plutôt drôle et acidulé. Ils renvoient aussi leur pas de deux à une partition de base commune à tous les couples que chacun s’approprie en l’ornementant à sa façon. Et c’est drôle de se voir et s’entendre (ou presque) dans les différentes situations égrenées par les deux protagonistes.
Louvoyer entre fiction et réalité, jouer de vrai pour y croire pour de faux (ou le contraire), épaissir les lignes de vie et de répliques de mille et une associations d’idées qui se précipitent dans la tête au moment où l’on parle et agit est l’un des sports préférés de Fanny de Chaillé et Pierre Alferi dans Répète. Avec toujours cette obsession clinique et ludique du mot, de son sens et de sa manière sonore, de sa galaxie sémantique, qui fait parfois presque passer le français pour une langue étrangère. […]

Rosita Boisseau in Le Monde – Samedi 22 mars 2014


INTERVIEW de Fanny de Chaillé sur la pièce >ici<