Description du projet

LA CLAIRIÈRE

du 20 février au 11 mars 2013

Conception Fanny de Chaillé, Nadia Lauro
Production Isabelle Ellul

Commande pour l’édition 2013 du Nouveau Festival, Espace 315 du Centre Pompidou.

Dans l’Espace 315, carte blanche est donnée à l’artiste Fanny de Chaillé en complicité avec la scénographe et plasticienne Nadia Lauro pour un programme entre théâtre, danse et performances. Elles se connaissent bien ! Fanny de Chaillé aime Kurt Schwitters, James Joyce, Georges Perec, Robert Filliou, Bernard Heidsieck, Marcus Steinweg ou Manuel Joseph… Elle sait ce que parler veut dire. Elle s’intéresse aux langues, à la manière dont elles résonnent comme des objets plastiques, bref au jeu de sens multiples. Nadia Lauro met tout cela en formes et en lumières dans l’espace d’une « clairière » dans laquelle vous aventurer et vous installer pour de multiples rendez-vous quotidiens.

LA CLAIRIERE est une proposition des artistes Fanny de Chaillé, metteur en scène et performeuse et  Nadia Lauro, scénographe et plasticienne, pour l’édition 2013 du Nouveau Festival. LA CLAIRIERE veut sortir la langue de la page, la faire entendre à travers la voix qu’elle soit celle du poète, de l’écrivain, du musicien, du metteur en scène, du plasticien, du chorégraphe et du théoricien. Occuper l’espace, habiter le temps avec des mots ceux là même qui nous permettent d’exister en tant qu’homme. LA CLAIRIERE est un environnement visuel immersif, protecteur et ouvert conçu pour l’espace 315 du Centre Pompidou. Archétype du lieu idéal de la parole, elle se modèle au gré des récits, des gestes et des sons qui l’habitent.
LA CLAIRIERE est une scénographie pour entendre où la question du langage est éclairée par les voix de Pierre Alferi, Altagor, Guillaume Bailliart, Hugo Ball, Vincent Barras, Beau Catcheur, Stéphane Bérard, Eberhard Blum, William Burroughs, Olivier Cadiot, Henri Chopin, Manuel Coursin, Eve Couturier, Antoine Defoort, Sophie Delpeux, François Dufrêne, Frédéric Ferrer, Allen Ginsberg, John Giorno, Brion Gysin, Bernard Heidsieck, Thomas Hirschhorn, Jan Kopp, Latifa Laâbissi, Sophie Laly, Daniel Linehan, Ghérasim Luca, Jean-Jacques Palix, Charles Pennequin, Antoine Poncet, Ludovic Rivière, Kurt Schwitters.

Production Display
Coproduction Centre National d’art et de culture Georges Pompidou avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Ile-de-France au titre de l’aide à la compagnie

Comment est née l’idée d’aménager une « clairière » dans l’Espace 315 ?

Il s’agissait de lier la question de l’espace à celle du langage, un environnement visuel immersif qui proposerait un scénario d’habitation et d’écoute aux visiteurs.
Dans l’imaginaire collectif occidental les clairières sont souvent un lieu de transmission idéal d’une parole, secrète, rituelle, collective, dansée…
Pour les anciens, la clairière était un oeil dans la forêt, un oeil qui lisait le ciel et les auspices. En bouchant la vue, les forêts faisaient obstacle à la connaissance et à la science humaine, la clairièreserait l’espace originel de la structuration de la pensée.
C’est donc cet archétype de lieu qui est à l’origine du dispositif crée dans la salle 315.
C’est une clairière minimale, en papier, un environnement visuel pour entendre.

Quelle est l’expérience offerte par ce dispositif au spectateur?

La clairière est un environnement visuel mais c’est une expérience d’écoute qui est donnée au spectateur.
C’est un lieu où l’on vient tendre l’oreille collectivement dans un temps donné, écouter un texte porté par des voix en live ou enregistrées. Entendre la langue à travers la lecture de textes théoriques sur le langage, mais aussi la diffusion de pièce sonore ainsi que la présentation de performances qui la mettent en jeu.

Quel aspect du langage la Clairière se propose-t-elle d’explorer en particulier ?

La clairière est habitée par des voix de nature diverses. C’est un endroit réservé à l’écoute. L’oralité est privilégiée dans ce lieu. La langue est appréhendée du point de vue sonore, elle est à entendre.
Ce n’est pas l’espace du signe, du texte, de la partition qui est mis en avant ici mais celui du son, de la matérialité, de la physicalité de la langue.
Trois rendez vous viendront rythmer quotidiennement cet espace :
– La Lecture: tous les jours pendant une heure un acteur lira des textes théoriques sur le langage.
– Les Habitations: il s’agit de la diffusion de textes sonores, de textes écrits et pensés dès l’origine pour leur écoute.
– Les Performances: chaque soir un invité nous donnera à voir et entendre une proposition autour du langage.

Interview avec Fanny de Chaillé et Nadia Lauro →